Les prix de l’immobilier en hausse presque partout

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De mémoire de notaire, on n’a jamais vu ça. « 952 000 logements anciens ont été vendus en France entre janvier et fin septembre, c’est un record, le volume le plus élevé jamais enregistré par nos services, a souligné mardi Thierry Thomas, président de l’Institut notarial de droit immobilier, en présentant son bilan annuel. Il est probable qu’on atteigne le seuil symbolique du million de ventes cette année. »

En un an en France, la hausse du nombre de transactions atteint 15,5 % avec, à la clé, une hausse des prix au mètre carré de plus de 5 % des appartements anciens et de 3 % des maisons au niveau national. « On n’assiste pas à une flambée des prix ni à la création d’une bulle comme certains ont pu le croire, a rassuré Thierry Thomas. Ces hausses des prix sont liées à la reprise économique et au fait que vendeurs comme acquéreurs n’attendent plus car ils veulent profiter de la baisse des taux d’intérêt. » En clair, le marché national rattrape son retard après des années d’attentisme. La crainte d’une remontée des taux en 2018 a aussi fait grimper ces derniers mois les volumes et le prix des transactions.

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Bordeaux en tête

Mais ces hausses restent très hétérogènes selon les lieux. « Paris et l’Ile-de-France, qui affichent respectivement une hausse des prix de 7,8 % et de 5,8 % au mètre carré, tirent le marché vers le haut grâce à un redémarrage des ventes plus rapide qu’en province », selon le professionnel. « En année électorale, l’immobilier est d’habitude en berne, mais 2017 marque une excellente année : 125 000 transactions enregistrées pendant les neuf premiers mois, cela ne nous est jamais arrivé en vingt ans », confirme Thierry Delesalle, notaire à Paris.

En province, Bordeaux caracole en tête du classement des plus fortes progressions (+ 12,1 % du prix au mètre carré en un an) grâce à sa nouvelle liaison TGV et est désormais au coude-à-coude avec Nice parmi les villes les plus chères de France. De son côté, Grenoble, avec une hausse d’à peine 1 %, est relégué à la onzième place (loin de sa 3e place en 2007) derrière Marseille, Rennes et Strasbourg… Lanternes rouges de ce classement, Dijon (- 1,3 %), Le Havre (- 3,8 %) et Saint-Etienne (- 2,4 %) enregistrent en 2017 un recul de leurs prix au mètre carré.

Conséquence logique de ces hausses des prix au mètre carré, le pouvoir d’achat immobilier chute dans « 17 des 20 plus grandes villes de France », selon Meilleurtaux.com. Avec 1 000 euros par mois de crédit sur vingt ans, un ménage pouvait en 2016 s’offrir 164 m2 à Saint-Etienne contre 155 m2 cette année, signale Maël Bernier, sa porte-parole. Dans les mêmes conditions, un acheteur devra se contenter de 49 m2 à Bordeaux (au lieu de 59 m2 en 2016), de 68 m2 à Lille (- 5 m2) et de 22 m2 à Paris (- 3 m2).

Jusqu’à cinq demandes pour une offre

« Malgré la baisse du pouvoir d’achat immobilier, il coûte encore plus cher dans certaines villes, comme Strasbourg, de louer que d’acheter », rappelle Maël Barnier. « Il y a un emballement des prix dans de grandes villes comme Paris ou Bordeaux où on a en moyenne cinq demandes pour une offre. »

Plus mesuré, le Conseil supérieur du notariat anticipe un marché 2018 « stable avec une baisse probable du nombre des transactions mais sans impact sur les prix ». Sa seule crainte ? Un retour en masse des Français installés à Londres. « Un tel effet Brexit raviverait les tensions sur le marché immobilier parisien et des grandes villes. Ces Français au fort pouvoir d’achat feraient flamber les prix du segment le plus convoité des 5 pièces et plus », s’inquiète déjà Thierry Thomas.

Source : leparisien.fr – 20/12/2017 – Delphine Denuit